Manoir de Montmort (Montmaur) à Auvers-sur-Oise

=== Manoir de Montmort (Montmaur) à Auvers-sur-Oise === (95430).

Avant la création d’un nouveau domaine seigneurial au XVIIe siècle, il existait à Auvers plusieurs fiefs nobles d’une importance relative dont les anciens manoirs ou chefs-mois ont été habilement identifiés par M. Henri Mataigne, malgré les modifications profondes qu’ils ont subies, parfois même malgré leur destruction quasi totale. Une promenade le long de la vieille et pittoresque rue courant à flanc de coteau qui formait à elle seule tout l’ Auvers d’autrefois permet de rencontrer successivement les débris de différentes constructions en pierre de taille, preuve tout ensemble de la richesse du pays au Moyen Age et de l’habileté de ses ouvriers. M. Mataigne a bien voulu me servir de guide dans cette agréable exploration.

Du manoir de Montmort, le premier que l’on rencontre à partir de l’église, en se dirigeant vers l’ouest, il ne reste plus que l’entrée principale, arcade en segment de cercle entourée de deux tores dégagés, entre lesquels règne un large cavet. Les mêmes moulures, pareillement assemblées, se retrouvent au-dessus de l’arc, en une archivolte dont les extrémités marquent à droite et à gauche un léger prolongement horizontal. Malgré l’absence des bases, que la dégradation de la partie inférieure des pieds-droits a fait disparaître, on peut attribuer au xive siècle cette entrée, qui ne paraît pas avoir été accompagnée d’un guichet pour les piétons, par suite sans doute de sa situation topographique.
En regard de la porte de Montmort s’ouvre celle, beaucoup plus moderne, d’une propriété qui semble avoir été créée au premier quart du XVIIe siècle et que M. Mataigne appelle le château des Puyrenault, du nom des Boëssot, seigneurs de Puyrenault, qui la possédèrent de 1636 à 1738 environ. On a donné aussi à cette propriété le nom de château des Colombières. A l’extrémité de l’enclos opposée à l’entrée dont il vient d’être parlé, une autre entrée a plus de caractère. Composée aussi d’une seule baie, elle présente une arcade en demi-ellipse, surmontée d’une rangée de créneaux minuscules et, il n’est pas besoin de le dire, purement décoratifs. La saillie de la clef et des impostes, l’aspect des trois petites niches en cul-de-four creusées à la partie supérieure, sous le crénelage, nous font considérer cette entrée comme à peu près contemporaine du logis qui élève non loin de là ses hautes toitures d’ardoise : elle doit donc remonter au temps de Henri IV ou de Louis XIII.
Si l’on poursuit sa marche dans la même direction, on passe bientôt sous le pont qui réunit les deux parties du jardin créé sous Louis XIII par Zanobi Lioni. La partie supérieure est soutenue à son angle sud-est par une puissante muraille en retour d’équerre qui ressemble aux glacis d’un bastion, et au-dessus de laquelle on remarque le gros boudin horizontal devenu classique à pareil endroit depuis le milieu du XVI siècle.

Texte extrait du livre: Excursions Archéologiques dans le Vexin Français par Louis Régnier 1922.

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