La chapelle Saint-Nicolas – Valhermeil – Chaponval

Chapelle Saint-Nicolas – Valhermeil – Chaponval,

CHAPELLE SAINT-NICOLAS DU VALHERMÉ

A l’extrémité occidentale du même hameau de Chaponval, ou plutôt à l’entrée d’un autre hameau appelé le Valhermé, dans un étroit espace resserré entre le vieux chemin et la roche, s’élèvent les ruines d’une chapelle qui survécut longtemps à l’ancienne maladrerie de Saint-Nicolas d’Auvers, dont elle faisait partie. Elle servait encore au culte dans les premières années du XIXe siècle. Depuis, frappée d’alignement et abandonnée, elle perdit peu à peu sa toiture, sa charpente et une partie de ses murailles. Elle était et reste encore pittoresque, et les artistes l’ont souvent dessinée et gravée.

L’édifice est rectangulaire. Des contreforts à plusieurs glacis épaulent les angles, et d’autres déterminent sur la longueur du mur méridional trois travées égales. Chose assez extraordinaire; la porte s’ouvre à mi-longueur, dans la travée du milieu. Cette porte est aujourd’hui la partie la plus intéressante des ruines. Surmontée d’un linteau, elle s’encadre d’un arc de décharge en tiers-point, dont les deux rangées de claveaux sont décorées chacune d’une moulure composée de deux tores reliés par une gorge peu profonde. Il est probable que ces moulures se poursuivaient le long des pieds-droits pour se terminer en pointe à la partie inférieure, suivant un système dont on voit des exemples aux églises de Cergy (fenêtre du chevet), de Triel (piliers du transept), de Taverny (fenêtres des absidioles) et de Boissy-l’Aillerie (fenêtres du bas-côté sud du choeur) (1) ; mais il est devenu impossible de s’en rendre compte. Dans les deux grosses pierres superposées qui forment à elles seules le tympan, les constructeurs ont ménagé une petite niche rectangulaire encadrée d’un çavet.

Chapelle Saint-Nicolas (Chaponval-Valhermeil)

Vue des ruines de la chapelle Saint-Nicolas – dessin de Bergeron (1846).

Une seconde porte plus petite, et surmontée simplement d’un linteau sans ornements, existait dans la première travée, tout près de l’extrémité occidentale du mur sud; mais il est vraisemblable qu’elle était postérieure en date à la première.

Trois fenêtres en tiers-point, assez larges, s’ouvraient dans les trois travées, — il s’agit toujours du mur sud. Il n’existe plus aujourd’hui que partie des deux pieds-droits, trop envahis par le lierre pour qu’on en puisse reconnaître la disposition. La forme igénérale des baies nous est connue par un dessin du milieu du XIXe siècle conservé à la Bibliothèque nationale, dans la collection Destailleur (2). Le chevet n’est plus représenté que par une muraille haute de quelques pieds. Une restitution tentée dans une figure de l’ouvrage de M. Mataigne (3) place dans la partie haute de cette muraille un triplet de lancettes et surmonte le pignon d’un petit clocher-arcade, que l’on retrouve, en effet, dans une gravure publiée il y a quatre-vingts ans par l’éditeur Osterwald. L’emplacement de ce petit clocher à l’extrémité orientale du vaisseau est aine rareté.

Chapelle Saint-Nicolas - (Chaponval - Valhermeil - Auvers) - 2010

Les bâtiments de la léproserie s’étendaient vraisemblablement à l’ouest de la chapelle, toujours entre le chemin et la colline. L’emplacement était fort exigu, mais la situation, à mi-côte, en face d’un coude de l’Oise, était des plus riantes. L’absence de tout percement dans le mur occidental delà chapelle indiquerait assez que
(1) Voir p. 31.
(2) Dép. des estampesc, coll.Destailleutr, t.III, p. 2.
(3) P. 162.

des constructions s’y appuyaient autrefois ; ce mur semble, d’ailleurs, avoir été remanié.

Chapelle Saint-Nicolas - (Chaponval - Valhermeil - Auvers) - 2010

L’existence de la chapelle Saint-Nicolas des lépreux d’Auvers est constatée en 1222 par une donation de Richard de Vernon (1) ; mais l’édifice actuel était-il déjà debout ou date-t-il seulement d’une époque un peu postérieure? Le problème est assez difficile à résoudre. Les caractères qui peuvent aider à sa solution sont devenus très peu nombreux : d’une part, les moulures de la porte, déjà décrites; de l’autre, le profil du bandeau formant larmier qui règne horizontalement à la partie inférieure de la muraille sud, entre les contreforts, et le profil des glacis de ces contreforts eux-mêmes. Ces profils sont identiques : la face inférieure du glacis, parallèle à la face supérieure, se raccorde au parement du mur par un cavet. On peut noter aussi que les glacis des contreforts ne font pas retour sur les faces latérales. Évidemment, si l’édifice existait en 1222, on peut affirmer que les ouvriers venaient d’y mettre la dernière main; mais c’est un point sur lequel il semble prudent de ne pas se prononcer. Tout ce que l’on peut dire, c’est que le style de la chapelle indique à peu près la période 1210-1240.
Au XVe siècle, le chapelain était présenté par l’abbé de Saint-Vincent de Senlis.

Une nouvelle chapelle a été construite en 1891, à quelques pas des ruines de l’ancienne.

(1) Arch. nat., S2317. Le texte de cette charte nous a été communiqué par M.Mataigne. – 10e livr., p. 8.

Texte extrait du livre: Excursions Archéologiques dans le Vexin Français par Louis Régnier 1922.

Entrée de la chapelle Saint-Nicolas - (Chaponval-Valhermeil-Auvers)
Plaque inventaire monument chapelle Saint-Nicolas - (Chaponval-Valhermeil-Auvers)

Chapelle Saint-Nicolas, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 27 janvier 1948, à la limite du Valhermeil, début de Chaponval sur la commune d’Auvers-sur-Oise – (95430), en venant par la route de Pontoise.

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