Auvers-sur-Oise du XIIIe siècle au commencement du XVIe siècle

De la fin du XIIIe siècle au commencement du XVIe siècle.

En 1304 sentence arbitrale rendue par Jean V, abbé de S. Vincent de Senlis et le vicaire de l’archevêque de Rouen établi à Pontoise, pour mettre fin à la contestation pendante entre Jean, prieur-curé d’Auvers, et les habitants de la paroisse, au sujet des obligations faites en l’église aux trois fêtes des S. Innocents, de l’ Ascension qu’elles appartenaient à la fabrique, et le prieur-curé prétendant au contraire qu’elles lui devaient revenir. Il est décidé que ces oblations, faites tant en argent qu’en nature, seront réparties également entre le curé et les marguilliers. Autre contestation entre le curé d’Auvers et les habitants, représentés par leurs procureurs, ces derniers prétendant n’être pas les paroissiens du curé, et en conséquence n’être pas tenus de lui payer les droits curiaux. Il est décidé, par une sentence arbitrale de Henry, curé d’Osny, que tous ceux qui habitent dans les limites de la paroisse, doivent être considérés comme les paroissiens du curé et lui payer aux termes fixés les droits et redevances accoutumés (26 mars 1306). En 1307, lettre du vice-régent de l’archevêque de Rouen, à Pontoise, portant procuration par les habitants d’Auvers à Etienne de Corbeville et autres de choisir un juge pour terminer le différend qu’ils ont avec le prieur-curé d’Auvers. Ces deux pièces, très intéressantes, nous montrent qu’à cette époque déjà les habitants avaient à leur tête des procureurs, choisis par eux, pour défendre leurs intérêts contre toute tentative d’abus ou de spoliation dont ils pouvaient être l’objet. En nov .1331, transaction intervenue entre l’abbaye de Senlis et celle de Saint-Martin de Pontoise, relativement à la dîme du vin à percevoir au hameau de Buthery (Butry) et terres avoisinantes.

Auvers-sur-Oise - (95430)

La première apparition des Anglais dans la région remonte à l’an 1356, et à partir de cette époque jusqu’à la reprise de Pontoise par Charles VII (19 sept. 1441) le pays fut à la merci des soldats, des mercenaires et des aventuriers qui se répendaient dans la campagne pour se saisir du bétail et des récoltes. Les habitants avaient émigré en grand nombre ; ceux qui restèrent furent souvent emmenés comme otages. La culture du sol, qui fournissait alors la presque totalité des transactions commerciales, était devenue à peu près impossible en raison des incursions incessantes de l’ennemi ; le seigneur de Méry, Henry de Milly, ayant ses principaux revenus constitués par la perception de droits sur le travers de l’Oise, dont les religieux de Saint-Vincent et de Saint-Denis s’étaient fait exempter, se trouva ruiné de ce fait et contraint de vendre son domaine. L’acquéreur, Pierre d’Orgemont, chancelier de France, se rendit plus tard propriétaire de la seigneurie de Fours, ainsi que nous le verrons par la suite. C’est à peu près vers cette époque que la reine Blanche, veuve en 1350 de Philippe de Valois et morte en oct. 1398, aurait, suivant quelques historiens, fondé au lieu dit Saint-Martin un prieuré de Bénédictines. Dans l’ancienne ferme de ce nom, qui appartient à M. Olinger, on peut voir, en effet, une fort belle fenêtre ogivale, au centre d’un mur très épais, masqué par des constructions plus récentes.Les bâtiments voisins ont également été transformés, de sorte qu’il est bien difficile de pouvoir se rendre compte s’il y avait réellement une chapelle en cet endroit. Ajoutons qu’il n’est aucunement fait mention, dans des documents en notre possession, du prieuré de Bénédictines d’Auvers.

Nous savons par un acte de 1415, qu’il existait à cette époque une maladrerie à Auvers : l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise, intenta en cette année-là des poursuites contre Pierre de Gaillonnel, comme maître et gouverneur de cette maladrerie, pour non paiement d’un chef-cens de 10 deniers. La chapelle S. Nicolas, ainsi qu’on l’a dit plus haut, avait primitivement reçu la dénomination de Saint Nicolas-des-Lépreux : elle dût vraisemblablement être affectée au service de la maladrerie. A la date du 7 février 1696, d’après les registres mortuaires, un homme trouvé noyé au Gré fut inhumé à S. Nicolas, ce qui semblerait indiquer une réminiscence de l’ancienne affection de cette chapelle.

A dater de l’expulsion des Anglais du territoire du Vexin, on peut reconstituer la chronologie des prieurs-curés d’Auvers, nommés par l’archevêque de Rouen sur la présentation des religieux de S. Vincent. Le premier, Robert Lerbier, fut remplacé le 6 juillet 1455 par Jean Chevillard (ou Quevillard), lequel en 1476 fut autorisé à prendre sa retraite et à jouir sa vie durant de la ferme de Clairbois et de ses dépendances, en payant les droits et redevances utiles. Il vivait encore en 1494, où il déclare abandonner tous les droits qu’il avait sur cette ferme à cause des réparations à faire que son grand âge ne lui permet pas d’effectuer. Son successeur Pierre Richevillain fit, en mars 1478, échange de terres avec Charles d’Orgemont, seigneur de Méry ; Pierre Pavot fut ensuite le prieur d’Auvers jusqu’en 1509. Le 17 octobre 1509 Jean Collaye fut nommé << à la cure et prieuré d’Auvers et à la chapelle Saint Martin avec ses annexes >>, fonctions dans lesquelles il fut confirmé le 6 mars 1517 à la suite d’une contestation avec Jean Marchant qui prétendait aux mêmes bénéfices.

Le 22 jan. 1385 les religieux de S. Vincent avaient fait bail à vie, à Jean de Péronne le Jeune, écuyer, et à sa femme Agnès La Sassière, demeurant à Hérouville, de la ferme de Clairbois avec ses dépendances ; en 1413 le bail était un nom de Guillaume Morel ; en 1458 au nom de Guillaume Ledoux, duquel le prieur Chevillard la reprit en 1476. Dans la déclaration du fief de Clairbois faite le 20 mars 1527 à l’abbaye de S. Denis dont il était mouvant, on indique maison, grange, étables, bergeries, colombier, jardins, terres, près, bois, pâtis, friches et autres héritages.

(extrait de: Histoire de la commune d’Auvers sur Oise par H. MATAIGNE 1901)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.