Auvers-sur-oise – histoire de cette ville

Histoire de la ville d’Auvers jusqu’à la fin du XIIIe siècle.

L’étymologie d’Auvers a été controversée. – Les uns lui donnent comme dénomination primitive Alvers, d’origine celtique ; d’autres y ont vu la traduction des mots Ad versus, tourné vers (le Soleil), que son orientation rend, en effet, assez acceptable. On peut affirmer qu’il y a eu de haute antiquité des habitants dans les nombreuses cavernes ou carrières que l’on rencontre tout le long de la vieille rue du village, et qu’à l’époque gallo-romaine un second chemin parallèle au premier, la voie de Senlis actuelle, fit communiquer avec Pontoise toute la région qui s’étend sur la rive droite de l’Oise jusque vers Beaumont. Depuis une vingtaine d’années, indépendamment de nombreuses monnaies des IIIe et IVe siècles, on a mis à jour à différentes reprises, le long des collines qui avoisinent la rivière, des tombeaux en pierre et plâtre de l’époque franco-mérovingienne : il convient d’ajouter que la plupart de ces tombeaux ne renfermaient rien d’intéressant.

Le Vexin, dont Auvers faisait partie, appartint au domaine royal jusqu’à l’époque où Dagobert le donna à l’abbaye de Saint-Denis, qu’il venait de doter, et ce monastère le posséda jusqu’à la réunion du comté à la couronne (1082).

Auvers-sur-oise vue du chateau - (1910)

Un pont sur l’Oise fut établi à Auvers, à une époque très reculée sans doute, puisqu’il tombait en ruines lorsque le roi Charles-le-Chauve, en 865, ordonna de le réparer pour s’opposer aux incursions des Normands. Vingt années plus tard, en novembre 885, ces pirates ayant remonté l’Oise pour la première fois, s’emparèrent de Pontoise et saccagèrent tous les environs. Le pont fut détruit et le pays abandonné par ses habitants, qui se refugièrent dans les villes voisines. Des châteaux-forts s’élevèrent de toutes parts pendant les Xe et XIe siècles, et concentrèrent à eux seuls le peu d’activité que les ravages des Normans et des Hongrois, la famine et l’idée de la fin du monde, avaient rendu possible.

En 1131, nous trouvons la première mention de l’église, et nous ne pouvons ici résister au désir de faire connaître la légende qui s’attache à l’origine de ce monument. Le fils ainé du roi Louis VI, nommé Philippe, se promenait à cheval dans les environs de Paris, lorsque sa monture, effrayée par l’apparition subite d’un pourceau, s’emballa, jetant à terre le jeune prince, qui fut porté mourant dans une abbaye voisine (13 octobre 1131). La légende indique Auvers comme étant l’endroit où se produisit la catastrophe, et elle ajoute que le roi Louis VI, en commémoraison de l’accident, y fonda un petit oratoire (la chapelle romane de l’église actuelle). Il y a plusieurs années un habitant d’Auvers (1) qui s’intéressait beaucoup à l’histoire de son pays, a vu dans l’étalage d’un marchand d’estampes une gravure ancienne représentant la chute du prince Philippe et portant comme légende : l’accident d’Auvers. Voici maintenant ce que nous apprennent les archives : En 1131 le roi Louis VI, à l’occasion de la mort de son fils Philippe, et en vue de la rançon de son âme, concéda en toute franchise à l’abbaye de Saint-Vincent de Senlis, fondée par le roi Philippe 1er, son père, et par la reine Anne, sa mère (1060), l’église d’Auvers et les droits en dépendant, savoir le cens payé par les ecclésiastiques, la dîme du vin, les menues dîmes, ect. L’année suivante, le 25 mars, il accorda à cette paroisse les franchises communales, et lorsqu’il mourut en 1137, sa veuve Adélaïde de Maurienne qui avait reçu en douaire le domaine d’Auvers, y séjourna pendant quelque temps. De plus, malgré toutes les aliénations dont elle fut l’objet par la suite, la terre d’Auvers ainsi que les fiefs qui en furent démembrés demeurèrent toujours dans la mouvance du roi. Toutes ces indications ne nous autorisent-elles pas à supposer que des souvenirs intimes se rattachaient à cette localité pour la maison de France?

Nous pouvons hardiment attribuer aux munificences royales la construction de l’église, un des plus beaux spécimens de l’architecture gothique. Situé sur un terre-plein qui domine tous les alentours, son clocher massif, ses contreforts puissants, ses dimensions exceptionnelles frappent au premier coup d’oeil. Mais si l’on pénètre à l’intérieur, l’impression est plus vive encore à l’aspect de ces ogives harmonieuses et sveltes. Les chapiteaux des piliers est des colonnettes sont d’une architecture des plus que remarquables, et le triforium ou colonnade qui court de chaque côté de la nef est une décoration splendide ajoutée à un monument déjà très beau par lui même. Habitués que nous sommes à pénétrer dans cet édifice, nous ne nous rendons pas assez compte de sa magnificence : nous serions moins tentés de nous étonner de l’intérêt qu’il inspire aux étrangers si nous savions que bien des cathédrales en France ne valent pas cette église de village. Etudes Rigaud, archevêque de Rouen, y administra la confirmation le 17 juin 1257, d’où l’on peut conclure qu’elle était alors achevée ou bien près de l’être. En 1164, l’abbaye de Saint-Vincent de Senlis, par lettres d’Hugues III, archevêque de Rouen, fut confirmé en la possession de l’église d’Auvers et de ses dépendances, et le pape Innocent III, par une bulle donnée à Rome en janvier 1205 ratifia également la propriété de l’église d’Auvers, avec ses dépendances, privilèges et libertés, à l’abbaye de Senlis. Les Religieux (ordre de Saint-Augustin) furent maintenus en cette possession jusqu’à la Révolution, et les prieurs chargés de l’administration de la paroise furent à leur nomination.

(extrait de: Histoire de la commune d’Auvers sur Oise par H. MATAIGNE 1901)

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